Entretien avec Bernard Bartenlian, Directeur de l’International School on Nanosciences (25-30 juin)

International School on Nanosciences : Prolongation des inscriptions. Vous avez désormais jusqu’au 1er juin pour vous inscrire


- Pouvez-vous nous présenter succinctement l’International School on Nanosciences ?

L’International School on Nanosciences a pour vocation d’apporter un enseignement de tous les domaines des nanosciences et nanotechnologies. Il permet, depuis plus de 10 ans, aux jeunes chercheurs spécialistes de mieux mesurer l’étendue que couvre leur domaine de recherche sous l’œil de non spécialistes. Cette école a pour vocation de constituer une véritable communauté de chercheurs avec les doctorants et postdoctorants qui y participent.



- Pouvez-vous nous parler du programme scientifique de cette onzième édition ?

Le programme est défini autour des enjeux scientifiques qui touchent les nanosciences. Le comité d’organisation en a défini cinq dont les trois premiers portent en eux l’évolution technologique de notre société, le quatrième est une condition nécessaire à leur accompagnement d’un point de vue scientifique et le cinquième une condition nécessaire à leur accompagnement d’une manière raisonnée :

-  Les Nanosciences et nanotechnologies pour l’information du futur regroupent les axes classiques que sont la nanoélectronique et la nanophotonique. L’un aborde le problème du transport électronique, du stockage de l’information dans des circuits toujours plus petits et l’autre celui de la transmission de données à l’aide de la lumière. Mais l’interaction photon-électron est aussi au cœur des recherches dans ce domaine. Une des applications est la gestion de plus en plus importante des « big datas » engendrés déjà par l’Internet, les échanges sur le Web mais aussi l’accroissement à venir des objets connectés.

-  Les Nanosciences pour la santé regroupent le biomédical et la nanobiologie. Comment utiliser les nanotechnologies pour mieux comprendre les processus biologiques ? Comment utiliser cette échelle pour réaliser des biocapteurs capables de diagnostiquer des maladies graves mais également réaliser des nanomédicaments ? Comment parvenir à développer une médecine personnalisée grâce au développement des méthodes diagnostiques précoces et individuelles des maladies ? Tels sont les questionnements que soulève cet enjeu.

-  Les Nanosciences pour un monde durable regroupent notamment la nanochimie et les nanomatériaux. L’enjeu est de développer autrement la conception de nouveaux matériaux, de nouveaux dispositifs avec une approche plus raisonnée des éléments utilisés comme, pour la catalyse chimique, l’emploi d’éléments rares mais à l’état nanoparticulaire. La structuration de la matière à l’échelle nanométrique concerne aussi le stockage de l’énergie et les cellules solaires, avec une amélioration par exemple de l’effet photovoltaïque conduisant ainsi à un meilleur rendement de ces dernières. En outre, par définition les nanosciences portent en elles l’économie de matière première.

-  La Nanométrologie et l’instrumentation de prochaine génération. Cet enjeu repose sur le besoin d’une meilleure quantification de l’existant à l’échelle nanométrique. Lorsque l’on évoque les nanoparticules, l’enjeu est de savoir comment les compter et les dimensionner avec précision dans un volume gazeux ou liquide. C’est le préalable indispensable à toutes les études ultérieures des effets des nanoparticules sur la santé, l’environnement, etc. Par ailleurs, il y a une véritable nécessité de comprendre à cette échelle les interactions en champ proche dans la matière.

- Nanosciences et société. Les nanosciences sont au cœur d’enjeux sociétaux d’importance. Afin de traiter ces enjeux avec un certain recul et de manière raisonnable, il apparaît nécessaire de mettre en place un accompagnement pour ces changements, un regard que seules les sciences humaines peuvent avoir. Tous ces changements, et notamment ceux à venir dans le secteur biomédical, soulèvent des questions éthiques. Qui pourra bénéficier des bienfaits de la science si ceux-ci deviennent trop coûteux par exemple ? L’emploi déraisonné des nanoparticules peut avoir un impact dramatique sur la santé et l’environnement. Il est essentiel d’en étudier les effets toxiques et écotoxiques. Par ailleurs, une régulation de leur emploi doit être mise en place en légiférant à l’échelle internationale.



- L’école résidentielle met en avant l’interactivité de son format. Pouvez-vous nous décrire les activités mises en place pour ce faire ?

Son format permet de favoriser les échanges entre les participants et les enseignants. Pour cela nous organisons trois séances posters afin de permettre à chaque participant de présenter son travail aux autres participants ainsi qu’aux organisateurs et aux enseignants.

La soirée du mercredi est dédiée à un bar des sciences sur des sujets à caractère sociétal. Ce format permet de débattre, d’échanger des points de vue.